Ecologistes, communistes, socialistes, passons aux travaux pratiques !

samedi 12 septembre 2009
par  Nadja Flank
popularité : 2%

Quelques soient nos bibles, leurs réinventions, ou leurs interprétations, la mise en acte des idéologies politiques communistes, socialistes ou écologistes reste improbable ou illisible, notamment au niveau local.

Deux raisons :

- La division qui nous fait perdre tous : de ce côté-là le chantier est ouvert, les appels au rassemblement se multiplient, les militants se croisent et s’entrecroisent, bref ça avance car la plupart sont convaincus de la nécessité d’être ensemble lors des scrutins électoraux notamment. Y aller ensemble pour gagner c’est tout de même plus enthousiasmant que séparément pour perdre, sinon autant ne pas y aller du tout… Ceci dit de ce point de vue deux conceptions « unitaires » s’affrontent encore : le rassemblement de partis (de type front de gauche), ou le rassemblement de volontés individuelles compatibles autour d’un parti (de type Europe écologie). Les deux se tiennent et sont légitimées par de bonnes raisons, reste à rassembler les théories du rassemblement !

- Les alternatives : de ce côté-ci, on creuse, mais on est loin du compte ! D’abord c’est une question d’échelle, monde, Europe, nations, régions, et leurs institutions. Structurellement elles sont mal conçues, voire pas conçues du tout (mondialisation de l’économie sans mondialisation de la politique). Elles sont loin du compte pour une démocratie règlementée (Europe) ou opérationnelle (régions). Ensuite, les alternatives institutionnelles sont mal connectées aux alternatives annoncées par les partis et leurs candidats. Cela leur a couté un discrédit généralisé. Mais enfin, si le capitalisme n’est pas humaniste, si le libéralisme économique n’est pas viable, qu’est ce donc que l’alternative si ce n’est un autre mode de développement ? Un développement qui réponde aux besoins sociaux, pas à ceux des accumulateurs ou spéculateurs qui placent croissance et compétition au cœur de leurs projets d’expansion. Les besoins sociaux relèvent tout autant de ressources naturelles (l’eau, l’air, la terre pour l’agriculture ou des matières premières et le foncier bâti, énergies…), que des solidarités (santé, revenu minimum d’existence, logement…) ou de dimensions culturelles progressistes (éducation, arts, recherche…). A notre époque et dans le contexte que nous connaissons, il ne peut être question de dissocier ces différents besoins sociaux. Il ne pourrait y avoir ceux qui protègent les ressources naturelles, et ceux qui s’occupent des solidarités ou des progrès culturels. L’ensemble est un état d’esprit qui repose sur la conscience de l’interdépendance des êtres humains entre eux, et donc de la nécessité du partage, ajouté aux valeurs qui font sens, liberté, démocratie, émancipation…

Concrètement à l’approche des élections régionales, de quoi pourrait-il s’agir ? La question de l’anticapitalisme et de l’antilibéralisme, clarifiée par l’alter-mondialisme après près de 30 ans de dégâts initiés par le couple Tatcher-Reagan, n’est plus à explorer, nous sommes d’accord, pas la peine de chipoter la dessus, on perd du temps. Par contre la question des alternatives n’est pas du tout résolue. Alors attaquons le enfin ce débat ! Pouvons-nous contester les propos désespérants de Marie George Buffet qui a dit récemment que « ce ne sont pas les Régions qui règleront le problème de la financiarisation de l’économie » ? En partie, oui, contestons les ! Car dès lors que plus aucun service public régional ne sera délégué à une multinationale (Véolia, Suez, Accor et consort…il y a du boulot !), et que les Régions privilégieront le développement de l’économie sociale (SCOP, SCIC, mutuelles, associations) dans leurs schémas de développement économique, on aura fait du ménage ! De plus, les groupes du CAC40 disposent de filiales qui sont des entreprises implantées sur les territoires, qui consomment du foncier pour lequel les régions ou les collectivités locales ont les moyens d’agir, qui percoivent des subventions publiques, bénéficient d’aménagements publics (Carrefours and co, ou autres « villages de marques »…) gracieusement offerts par des municipalités soutenues par les Régions de tutelle sous le prétexte d’une soi disant concurrence inéluctable entre Régions elles mêmes. Ces filiales ne sont pas vouées à être accueillies à bras ouverts sous prétexte de la perception de taxe professionnelle mal redistribuée, la question de la fiscalité de ce point de vue pouvant être portée par les élus régionaux bien plus fermement qu’elle ne l’est aujourd’hui. Les Régions peuvent inverser la tendance "capitalisme vert" qui amène à céder du foncier aux groupes financiers pour implanter éoliennes ou parcs photovoltaïques. Le capitalisme vert ne peut se développer que grâce aux Régions, grâce aux territoires, il n’est pas suspendu en l’air. Il ne relève pas du mythe d’une mondialisation qui ne serait pas de notre ressort…

La liste est finalement longue à y regarder de près, de ce qui peut inverser la tendance de la financiarisation de l’économie et du libéralisme économique, au niveau régional. Si on s’entend là-dessus, n’est-il pas de notre responsabilité de nous mettre au travail rapidement pour bâtir un projet régional alternatif ? C’est bien ce que nous sommes nombreux à vouloir, que l’on soit vert de rage ou rouge de colère, apaisons nos égos en nous épaulant, plutôt qu’en rivalisant ce qui pourrait laisser à penser que nous adoptons les mauvais penchants de nos adversaires, et ouvrons le débat, levons la voix et parions que nous serons entendus !

Nadja Flank, Nîmes, septembre 2009.


Commentaires

lundi 2 novembre 2009 à 10h28

Ce texte, que je découvre tardivement, va dans le bonne sens car elle appel, enfin, au moins, à le concret, sans osez proposer le concret. Un lecture serieux de "Ecologica" et surtout "Misère du present, richesse de possible", les deux de André Gorz, nous donne magistralement le critique, le débat et les proposition concrets. Tant que nous ne se arment pas avec les vrai arguments et propositions, on ne faire pas le politique autrement, on ne crée pas des alternatives de émancipation social et écologiques. Je trouve que actuellement le FASE, au tant localement que nationalement, est très loin des ses aspirations. Bravo Nadja, continue.

Stanislav Demidjuk CUAL Centre Montpellier /FASE

Agenda

<<

2012

>>

<<

Février

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
303112345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728291234
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Annonces

Vidéos

Chavez à Copenhague 1
Chavez à Copenhague 2
Tous à Copenhague

Sites favoris


1 site référencé dans ce secteur